Site internet pour auto-entrepreneur au Maroc : obligations, budget et premiers clients
Ce que la loi vous demande d’afficher, ce que le site change (ou pas) à votre impôt, un budget mois par mois en dirhams et la liste des pages qui font venir les premiers clients par Google et WhatsApp.

Vous êtes auto-entrepreneur au Maroc : peintre en bâtiment à Marrakech, photographe à Casablanca, coiffeuse à domicile à Rabat, développeur à Tanger, pâtissière à Fès. Vos clients viennent du bouche-à-oreille et de WhatsApp. Vous vous demandez si un site internet vaut la dépense, ce que la loi vous oblige à y écrire, et par où commencer sans y passer vos soirées.
Cet article répond à ces trois questions avec les textes officiels sous les yeux : la loi 114-13 sur le statut de l’auto-entrepreneur, le Code général des impôts 2026 publié par la Direction générale des impôts, la loi 31-08 sur la protection du consommateur et la loi 09-08 sur les données personnelles. Il se termine par un budget mois par mois en dirhams, une liste de pages et les questions que nous posent le plus souvent les indépendants.
Pourquoi un auto-entrepreneur a besoin d’un site, et pas seulement d’Instagram
Un client qui ne vous connaît pas encore cherche deux choses avant de vous écrire : la preuve que vous êtes sérieux, et la preuve que vous faites exactement ce dont il a besoin, là où il habite. Un compte Instagram montre des photos. Un site répond aux questions : quels services, dans quels quartiers, à quel prix, en combien de temps, avec quelles garanties.
Le site est aussi ce que Google peut lire. Quand quelqu’un tape « plombier Guéliz », « photographe mariage Casablanca » ou « cours de soutien maths Agdal », Google affiche des fiches et des pages. Une page qui s’appelle exactement comme la recherche, dans la ville de la recherche, a ses chances. Un compte de réseau social, beaucoup moins.
Enfin, le site vous rend moins dépendant d’un seul gros client, et c’est un point fiscal précis pour les prestataires de services. Le Code général des impôts prévoit que, lorsque le chiffre d’affaires réalisé avec un même client dépasse 80 000 DH dans l’année, le surplus est soumis à une retenue à la source de 30 % opérée par ce client (article 42 bis du CGI). Multiplier les petits clients, c’est exactement ce qu’un site bien référencé fait.
D’abord : vérifier que votre activité relève bien du statut
Avant de dépenser un dirham en site, vérifiez que votre métier peut être exercé sous ce statut. La loi 114-13 définit l’auto-entrepreneur comme une personne physique exerçant à titre individuel une activité industrielle, commerciale, artisanale ou de prestation de services, avec un chiffre d’affaires annuel encaissé qui ne dépasse pas 500 000 DH pour le commerce, l’industrie et l’artisanat, et 200 000 DH pour les services.
Les activités autorisées sont listées par le décret n° 2-15-303 du 30 décembre 2015. On y trouve, côté services : conseil, hébergement et développement informatique ; conseil en relations publiques et communication ; activités spécialisées de design ; activités photographiques ; beauté, coiffure et autres soins corporels ; travaux de peinture, de plâtrerie, de menuiserie, d’installation ; entretien et réparation de véhicules ; guide de tourisme ; activités de soutien à l’enseignement ; nettoyage ; déménagement. Côté commerce et artisanat : fabrication de pain et de pâtisserie, d’aliments et plats préparés, de vêtements, d’articles en cuir, de meubles, commerce de détail de textiles, de fruits et légumes, de matériel informatique, entre autres.
À l’inverse, le décret n° 2-15-263 du 10 avril 2015 exclut du régime fiscal de l’auto-entrepreneur une liste de professions, parmi lesquelles : architectes, avocats, médecins, pharmaciens, vétérinaires, comptables et experts-comptables, géomètres et topographes, imprimeurs, éditeurs, libraires, hôteliers, exploitants d’auto-école ou d’école privée, marchands importateurs et exportateurs, tenants d’un bureau d’études, et prestataires de service liés à l’organisation des fêtes et réceptions. Si vous êtes dans ce cas, le statut ne vous est pas ouvert ; un site reste utile, mais les règles affichées dessus seront celles d’une autre forme d’entreprise.
Dernier point de cadrage : la loi 114-13 confie le registre national de l’auto-entrepreneur à Barid Al-Maghrib, qui reçoit les inscriptions, les déclarations de chiffre d’affaires et les paiements. C’est de cette inscription que datent vos avantages fiscaux et sociaux.
Ce que la loi vous demande d’afficher sur votre site
C’est la partie la plus mal connue, et celle où l’on voit le plus d’erreurs : des sites d’indépendants sans aucun nom, ou au contraire avec un faux numéro de registre du commerce recopié d’un modèle. Voici ce que disent les textes, et ce qu’ils ne disent pas.
Ce que le statut vous épargne
L’article 2 de la loi 114-13 dispense l’auto-entrepreneur de l’inscription au registre du commerce et de l’obligation de tenir une comptabilité selon la loi 9-88. Vous n’avez donc pas de numéro de registre du commerce à afficher, et vous ne devez pas en inventer un. Côté impôts, l’article 145-XI du CGI précise que les obligations de l’article 145 (tenue de la comptabilité, mentions obligatoires des factures) ne s’appliquent pas aux contribuables soumis au régime de l’auto-entrepreneur, à une exception près : comme tout contribuable, vous devez détenir une adresse électronique.
Ce que la protection du consommateur vous impose quand même
L’article 7 de la loi 114-13 est clair : l’auto-entrepreneur reste soumis aux mesures de protection du consommateur. Or la loi 31-08 contient un chapitre entier sur les contrats conclus à distance, qui s’applique à « toute personne physique ou morale […] proposant, par un moyen électronique, […] la prestation d’un service au consommateur » (article 26). Elle appelle « cyber-commerçant » toute personne qui utilise internet dans le cadre d’une activité professionnelle (article 25).
Concrètement, l’article 29 de la loi 31-08 demande que l’offre faite à distance indique :
- votre nom, les coordonnées téléphoniques qui permettent réellement de vous joindre, votre adresse électronique et votre adresse physique ;
- votre numéro de registre du commerce seulement si vous y êtes assujetti, ce qui n’est pas le cas d’un auto-entrepreneur ;
- votre numéro d’identité fiscale seulement si vous êtes assujetti à la TVA ; vérifiez votre propre situation auprès de votre service des impôts avant de l’afficher ou non ;
- si votre activité est soumise à licence ou si elle est une profession réglementée, les références correspondantes ;
- les caractéristiques essentielles du service, les modalités de paiement et d’exécution, la durée de validité de l’offre et du prix ;
- l’existence du droit de rétractation quand il s’applique.
L’article 3 de la même loi ajoute une obligation générale : informer le consommateur des tarifs des services et des conditions particulières de la prestation. Un site qui ne donne aucun ordre de prix n’est pas illégal en soi si le prix dépend d’un devis, mais il doit au minimum expliquer comment le prix est établi. Et si vous faites accepter des conditions en ligne, l’article 30 demande qu’elles soient accessibles facilement, depuis la page d’accueil.
Notre recommandation pratique, qui va au-delà du strict minimum : affichez aussi le numéro figurant sur votre attestation d’inscription au registre national de l’auto-entrepreneur. Ce n’est pas un texte qui l’exige, c’est un gage de sérieux : un client professionnel le demandera de toute façon pour son propre classement.
L’adresse : le cas de l’auto-entrepreneur qui travaille chez lui
La loi 114-13 (article 3) permet de domicilier l’activité dans sa résidence, ou dans un local partagé par plusieurs entreprises, en l’absence de local professionnel. Elle protège aussi la résidence principale : elle ne peut pas être saisie pour les dettes liées à l’activité (article 4). Mais la loi 31-08 demande une adresse physique dans l’offre à distance. Deux solutions honnêtes : afficher l’adresse de domiciliation sur la page des mentions légales seulement, sans la mettre en avant sur l’accueil ; ou domicilier l’activité dans un local partagé si vous ne voulez pas que votre adresse personnelle circule.
Sur Google, la question se règle autrement : si vous ne recevez pas de clients chez vous, l’aide officielle de Google Business Profile demande de supprimer l’adresse de la fiche et de déclarer une zone desservie, définie par villes ou codes postaux, jusqu’à 20 zones, idéalement à moins de deux heures de trajet. Votre fiche peut donc rester discrète sur votre domicile tout en apparaissant dans tout Marrakech ou tout le Grand Casablanca.
Le formulaire de contact et la loi 09-08
Dès que votre site collecte un nom, un téléphone ou un e-mail, vous traitez des données personnelles. L’article 5 de la loi 09-08 impose d’informer la personne, au moment de la collecte, de l’identité du responsable du traitement (vous), des finalités (vous recontacter, établir un devis), des destinataires et de ses droits d’accès et de rectification. C’est le rôle de la politique de confidentialité et de la petite phrase sous le formulaire.
La CNDP indique que tous les traitements doivent faire l’objet d’une déclaration préalable, sauf ceux exclus du champ de la loi, dispensés, ou soumis à autorisation. Elle met à disposition un formulaire de déclaration simplifiée (F214) et délivre le récépissé sous 24 heures. Les références de ce récépissé ont vocation à figurer dans votre politique de confidentialité (article 5-d de la loi). C’est une démarche d’une heure ; faites-la au lancement du site, pas après une réclamation.
| Élément | Obligatoire pour un auto-entrepreneur ? | Texte |
|---|---|---|
| Nom et prénom | Oui, dans l’offre à distance | Loi 31-08, art. 29 |
| Téléphone joignable, e-mail, adresse physique | Oui | Loi 31-08, art. 29 |
| Numéro de registre du commerce | Non : l’auto-entrepreneur en est dispensé | Loi 114-13, art. 2 ; loi 31-08, art. 29 |
| Identifiant fiscal | Seulement si assujetti à la TVA | Loi 31-08, art. 29 |
| Tarifs ou mode de calcul du prix | Oui, information du consommateur | Loi 31-08, art. 3 |
| Conditions de vente accessibles depuis l’accueil | Si vous faites accepter une offre en ligne | Loi 31-08, art. 30 |
| Information sur les données collectées | Oui, dès qu’il y a un formulaire | Loi 09-08, art. 5 |
| Déclaration du traitement à la CNDP | Oui, sauf exclusion ou dispense | Loi 09-08, art. 12 ; CNDP |
| Numéro d’inscription au registre national AE | Non exigé par ces textes, recommandé | Bonne pratique |
Et la facture, le reçu, le devis ?
La loi 31-08 (article 4) demande de remettre au consommateur une facture, une quittance, un ticket de caisse ou tout document en tenant lieu, « conformément aux dispositions fiscales ». Les dispositions fiscales, elles, dispensent l’auto-entrepreneur du formalisme de l’article 145 du CGI. En pratique, un reçu simple, numéroté dans l’ordre, avec votre nom, votre numéro d’inscription, la date, la prestation et le prix encaissé suffit pour un particulier, et vous sert de trace pour votre déclaration de chiffre d’affaires.
Le site peut vous aider sur ce point sans rien d’automatique : une page « Tarifs et devis » qui explique ce qu’un devis contient, et un bouton « Demander un devis sur WhatsApp ». Le client sait à quoi s’attendre, vous gagnez des échanges inutiles.
Le site et votre impôt : ce qu’il change, et ce qu’il ne change pas
C’est la question que posent presque tous les indépendants : « est-ce que je peux déduire le site ? » Pour un auto-entrepreneur, la réponse découle directement de l’article 42 bis du CGI : l’impôt sur le revenu s’applique au chiffre d’affaires annuel encaissé, aux taux de l’article 73-III :
- 0,5 % du chiffre d’affaires encaissé pour les activités commerciales, industrielles et artisanales, jusqu’à 500 000 DH ;
- 1 % du chiffre d’affaires encaissé pour les prestataires de services, jusqu’à 200 000 DH.
Il n’y a pas de calcul de bénéfice, donc pas de charges déduites. Le site, comme le téléphone ou le matériel, ne fait pas baisser l’impôt. Il ne fait pas non plus partie d’un calcul compliqué : il se juge uniquement sur ce qu’il rapporte en clients. C’est plutôt une bonne nouvelle, parce que le calcul devient simple.
Les déclarations se font, selon votre option, mensuellement ou trimestriellement, auprès de l’organisme désigné, avec le paiement de l’impôt (article 82 bis du CGI) et de la cotisation sociale (article 6 de la loi 114-13). En trimestriel, la déclaration et le paiement doivent intervenir avant la fin du mois qui suit le trimestre. Exemple : un graphiste qui encaisse 30 000 DH entre janvier et mars déclare avant fin avril et paie 300 DH d’impôt (1 %), plus sa cotisation sociale.
Deux règles à garder en tête quand le site commence à marcher :
- Le plafond. Si le chiffre d’affaires encaissé dépasse le plafond deux années de suite, vous perdez le régime à partir du 1er janvier suivant (article 43-4° du CGI, article 8 de la loi 114-13). Pour un prestataire de services, 200 000 DH par an représentent environ 16 700 DH encaissés par mois en moyenne.
- Le client unique. Au-delà de 80 000 DH de services facturés au même client dans l’année, le surplus est retenu à la source à 30 % par ce client. Exemple : 100 000 DH facturés à une seule société, c’est 20 000 DH de surplus, donc 6 000 DH retenus, contre 200 DH d’impôt sur la même somme à 1 %. Diversifier sa clientèle n’est pas qu’une question de sécurité : c’est de l’argent.
Enfin, la radiation du registre national intervient notamment en cas de chiffre d’affaires non déclaré ou déclaré nul pendant une année civile (hors année d’inscription), ou de non-paiement pendant un an (article 8 de la loi 114-13). Un site qui fait rentrer du travail régulier vous protège aussi de ce côté-là.
Les pages qu’il faut, et ce que chacune doit dire
Un site d’auto-entrepreneur n’a pas besoin de cinquante pages. Il a besoin des bonnes, chacune avec un rôle précis. Voici la structure que nous livrons le plus souvent pour un indépendant, et qui tient largement dans les 30 pages de notre site vitrine.
- Accueil : une phrase qui dit ce que vous faites et où (« Peinture intérieure et extérieure à Marrakech, devis sous 24 h »), le bouton WhatsApp, trois réalisations, trois avis, votre zone.
- Une page par service : peinture intérieure, façade, enduits décoratifs ; ou portrait, mariage, produit ; ou site vitrine, maintenance, formation. Chaque page dit ce qui est inclus, le délai, le prix indicatif ou le mode de calcul.
- Zone d’intervention : les villes et quartiers que vous couvrez, les frais de déplacement s’il y en a. Si vous travaillez dans deux villes, une page par ville.
- Réalisations : vos photos, avant/après, avec une ligne de contexte (quartier, surface, délai). Jamais de photos de banque d’images présentées comme les vôtres.
- Tarifs et devis : des fourchettes honnêtes, ce qui fait varier le prix, comment se passe un devis, les modes de paiement acceptés.
- À propos : qui vous êtes, depuis quand, votre statut d’auto-entrepreneur, votre façon de travailler. Une photo de vous.
- Avis : un extrait des avis Google avec le lien vers la fiche.
- FAQ : les dix questions qu’on vous pose sur WhatsApp, avec leurs réponses.
- Contact : WhatsApp, téléphone, e-mail, formulaire court, horaires de réponse.
- Mentions légales : nom, adresse de domiciliation, téléphone, e-mail, numéro d’inscription au registre national, hébergeur du site.
- Politique de confidentialité : ce que vous faites des données du formulaire, droits d’accès et de rectification, références du récépissé CNDP.
- Blog : un article par mois sur une vraie question de client (« combien coûte la peinture d’un appartement de 80 m² à Marrakech », « que prévoir pour une séance photo de famille »).
Une seconde langue est souvent utile : l’arabe pour une clientèle de quartier, l’anglais si vous travaillez avec des étrangers à Marrakech, Agadir ou Tanger. Notre offre inclut une version bilingue (français et arabe, ou français et anglais).
Les premiers clients : Google et WhatsApp, dans cet ordre
Un site sans visiteurs ne sert à rien. Pour un indépendant, les premiers visiteurs viennent presque toujours de la recherche locale. Voici l’ordre dans lequel nous travaillons.
1. La fiche Google Business Profile
Elle se crée gratuitement depuis l’aide Google Business Profile. Choisissez la catégorie la plus précise (« Peintre en bâtiment », « Photographe », « Coiffeur à domicile »), renseignez la zone desservie si vous vous déplacez, ajoutez des photos de vos réalisations et le lien vers votre site. La fiche et le site doivent dire exactement la même chose : même nom, même téléphone, mêmes horaires. Notre article sur le référencement local au Maroc détaille la méthode, et notre offre comprend la configuration de la fiche.
2. Une page par service et par ville
Les gens ne cherchent pas « auto-entrepreneur », ils cherchent un service dans un lieu. Chaque page de service porte un titre qui reprend une recherche réelle : « Peintre en bâtiment à Marrakech : intérieur, façade, enduits », « Photographe de mariage à Casablanca ». Si vous couvrez deux villes, deux pages, chacune avec ses propres réalisations. C’est ce que nous appelons le référencement de chaque page, et il est inclus.
3. WhatsApp, au bon endroit
Au Maroc, le premier contact passe par WhatsApp. Le site doit rendre ce geste immédiat : un bouton visible sur chaque écran, qui ouvre une conversation avec un message déjà rédigé, du type « Bonjour, je souhaite un devis pour … à … ». Le client n’a qu’à compléter. Mettez le même lien dans votre fiche Google, votre bio Instagram et votre signature d’e-mail.
Répondez vite. Un indépendant qui répond dans l’heure gagne le chantier face à celui qui répond le lendemain. Préparez trois ou quatre réponses types (tarifs, disponibilités, zone, photos de réalisations) pour ne pas tout retaper.
4. Les avis
Après chaque prestation réussie, envoyez par WhatsApp le lien direct vers le formulaire d’avis Google, avec un mot de remerciement. Répondez à chaque avis. N’achetez jamais d’avis et ne publiez jamais d’avis inventés : c’est trompeur pour le client et c’est le genre de chose que Google finit par repérer.
5. Un article par mois
Un article qui répond à une vraie question de client (« quel budget pour refaire une cuisine à Rabat », « combien de temps dure une séance photo produit ») attire des visiteurs qui sont déjà en train de chercher un prestataire. Dans notre offre, nous en rédigeons un par mois pour vous.
Budget : un exemple mois par mois, en dirhams
Prenons un exemple fictif mais réaliste : Yassine, peintre en bâtiment auto-entrepreneur à Marrakech, activité « travaux de peinture » (prestation de services, impôt à 1 %). Il travaille seul, se déplace chez ses clients, et facture en moyenne 2 500 DH par chantier de petite taille. Voici sa première année avec un site en abonnement mensuel chez Bzaf Studio.
| Mois | Ce qui se passe | Coût du site | Cumul |
|---|---|---|---|
| Mois 1 | Commande, brief de 20 minutes, photos de chantiers envoyées ; site en ligne 5 jours ouvrés après le brief complet ; fiche Google configurée avec la zone desservie | 399 DH | 399 DH |
| Mois 2 | Premier article de blog ; demande d’avis aux 5 derniers clients ; lien WhatsApp ajouté partout | 399 DH | 798 DH |
| Mois 3 | Deuxième article ; page dédiée aux enduits décoratifs ; premiers devis venus de Google | 399 DH | 1 197 DH |
| Mois 4 à 6 | Un article par mois ; nouvelles photos de chantiers ajoutées ; réponses aux avis | 3 × 399 DH | 2 394 DH |
| Mois 7 à 9 | Page pour une deuxième zone réellement couverte (par exemple une commune voisine), avec ses propres réalisations | 3 × 399 DH | 3 591 DH |
| Mois 10 à 12 | Articles de saison (avant l’été, avant les fêtes) ; bilan des demandes venues du site | 3 × 399 DH | 4 788 DH |
Sur l’année, le site coûte 4 788 DH en mensuel, ou 4 550 DH s’il est réglé d’un coup (238 DH gardés). À 2 500 DH le chantier, deux chantiers dans l’année venus du site le paient. Tout chantier supplémentaire est du chiffre d’affaires net du coût du site.
Mettons cela en face de son impôt. S’il encaisse 150 000 DH sur l’année, Yassine paie 1 500 DH d’impôt (1 %), plus sa cotisation sociale. Le site représente environ 3,2 % de son chiffre d’affaires. Et il reste sous le plafond de 200 000 DH, avec de la marge : s’il approche le plafond, c’est le moment de parler à un comptable d’un changement de régime, pas d’arrêter le site.
Pour une activité commerciale ou artisanale (pâtisserie, couture, menuiserie d’art), le raisonnement est le même avec un impôt à 0,5 % et un plafond de 500 000 DH. Attention seulement à ne pas promettre la vente en ligne : un site vitrine présente vos produits et prend les commandes par WhatsApp, il ne remplace pas une boutique en ligne avec paiement.
Quelles options pour un auto-entrepreneur, et combien ?
Il y a quatre façons d’avoir un site. Aucune n’est mauvaise en soi ; elles ne coûtent pas la même chose, et ne demandent pas le même temps.
| Option | Coût de départ | Ce qu’il faut prévoir | Pour qui |
|---|---|---|---|
| Constructeur de site en ligne, fait soi-même | Abonnement de la plateforme | Votre temps : textes, photos, référencement, mises à jour, pages légales | Ceux qui aiment le faire et ont des soirées libres |
| Freelance | À partir d’environ 5 000 DH | Hébergement, nom de domaine et modifications souvent facturés à part | Un besoin précis, un bon contact de confiance |
| Agence classique | 15 000 à 45 000 DH | Délais plus longs, maintenance en supplément | Projets plus lourds, budgets d’entreprise |
| Abonnement tout compris (Bzaf Studio) | 399 DH TTC le premier mois, aucuns frais de création | 12 mois d’engagement, puis mois par mois | L’indépendant qui veut un site professionnel sans avance de trésorerie |
Ce que comprend l’abonnement Bzaf Studio, sans supplément : jusqu’à 30 pages, design sur mesure pensé pour le téléphone, blog, FAQ, formulaire de contact, bouton WhatsApp, référencement de chaque page, version bilingue, fiche Google Business, pages légales, nom de domaine, hébergement, certificat SSL, sauvegardes et maintenance avec les petites modifications, et un article de blog rédigé chaque mois. Le paiement se fait en ligne par carte bancaire (CMI) ou par Lana Cash. Vous validez chaque page avant la mise en ligne. Le détail est sur la page de l’offre.
Ce que l’abonnement ne comprend pas, pour être clair : pas de boutique en ligne avec paiement sur le site. Si votre activité a besoin d’un panier et d’un paiement par carte, c’est un autre projet.
Les erreurs que nous voyons sur les sites d’indépendants
| Erreur | Conséquence | Correction |
|---|---|---|
| Aucun nom, aucune adresse, seulement un numéro | Méfiance du client, non-respect de l’article 29 de la loi 31-08 | Nom, téléphone, e-mail, adresse de domiciliation dans les mentions légales |
| Faux numéro de registre du commerce recopié d’un modèle | Information fausse sur un site professionnel | Aucun numéro RC : afficher le numéro d’inscription au registre national AE |
| Une seule page « Services » qui liste tout | Invisible sur les recherches précises | Une page par service, avec son titre |
| Aucun ordre de prix | Demandes de devis inutiles, clients qui n’osent pas écrire | Fourchettes et facteurs de prix sur une page Tarifs |
| Formulaire sans mention sur les données | Non-respect de l’article 5 de la loi 09-08 | Phrase d’information sous le formulaire, politique de confidentialité, déclaration CNDP |
| Adresse personnelle mise en avant sur Google alors qu’on se déplace | Clients qui sonnent chez vous, fiche mal configurée | Fiche en zone desservie, sans adresse affichée |
| Photos trouvées sur internet | Perte de confiance immédiate, problèmes de droits | Vos propres photos, même prises au téléphone, en bonne lumière |
La liste de contrôle avant de lancer votre site
Avec nous ou avec quelqu’un d’autre, vérifiez ces points sur votre téléphone avant d’annoncer le site à vos clients.
- Votre activité figure dans la liste des activités autorisées et n’est pas dans la liste des professions exclues.
- Votre nom, votre téléphone, votre e-mail et une adresse physique figurent sur le site.
- Aucun numéro de registre du commerce inventé ; le numéro d’inscription au registre national est affiché.
- Chaque service a sa page, avec un titre qui reprend une recherche réelle et la ville.
- Les prix, ou au moins la façon dont ils sont calculés, sont expliqués.
- Le bouton WhatsApp ouvre une conversation avec le bon numéro et un message pré-rempli.
- Le formulaire envoie bien un message, testé avec une vraie demande.
- La politique de confidentialité est à votre nom, et la déclaration CNDP est faite.
- La fiche Google Business est créée, reliée au site, avec la zone desservie si vous vous déplacez.
- Les photos sont les vôtres, compressées, et la page d’accueil s’affiche vite en 4G.
Par où commencer, cette semaine
Rassemblez trois choses : la liste de vos services avec un ordre de prix, une vingtaine de photos de vos réalisations, et votre attestation d’inscription. C’est l’essentiel du brief. Créez ou réclamez votre fiche Google en parallèle. Le reste, c’est notre travail : la structure, les textes, le référencement, les pages légales, la mise en ligne.
Un site ne remplit pas votre agenda le lendemain. Ce qu’il fait dès le premier jour, c’est transformer mieux les gens qui vous cherchaient déjà : moins de questions répétées sur WhatsApp, plus de demandes de devis complètes, plus de confiance. Sur Google, les premiers effets se voient en général après quelques semaines à quelques mois, et ils se renforcent avec les avis, les photos et les articles. Si vous êtes à Marrakech, Casablanca ou Rabat, nos pages par ville montrent ce que nous faisons localement ; ailleurs, nous travaillons partout au Maroc. Pour démarrer, la page Commander prend cinq minutes, et nous répondons sous 24 heures sur WhatsApp.
Questions fréquentes
Non. La loi 114-13 dispense l’auto-entrepreneur de l’inscription au registre du commerce, et la loi 31-08 ne demande ce numéro qu’aux personnes qui y sont assujetties. Il ne faut surtout pas en inventer un. Affichez votre nom, votre téléphone, votre e-mail, une adresse physique et, par sérieux, le numéro de votre inscription au registre national de l’auto-entrepreneur.
Non, au sens où l’impôt de l’auto-entrepreneur se calcule sur le chiffre d’affaires encaissé (0,5 % pour le commerce, l’industrie et l’artisanat, 1 % pour les services), sans déduction de charges, selon les articles 42 bis et 73-III du Code général des impôts. Le site ne fait donc pas baisser l’impôt : il se juge sur les clients qu’il rapporte.
La loi 114-13 permet de domicilier l’activité dans sa résidence, et la loi 31-08 demande une adresse physique dans l’offre à distance. Vous pouvez l’afficher dans les mentions légales sans la mettre en avant. Sur Google, si vous ne recevez pas de clients chez vous, la fiche doit être configurée en zone desservie, sans adresse affichée.
La CNDP indique que tous les traitements de données personnelles doivent faire l’objet d’une déclaration préalable, sauf exclusion, dispense ou autorisation. Pour un simple formulaire de contact, un formulaire de déclaration simplifiée (F214) existe, et le récépissé est délivré sous 24 heures. Ses références figurent ensuite dans votre politique de confidentialité.
Comptez à partir d’environ 5 000 DH chez un freelance et de 15 000 à 45 000 DH dans une agence classique, hébergement et maintenance souvent en plus. Chez Bzaf Studio, le site vitrine complet coûte 399 DH TTC par mois sur 12 mois, ou 4 550 DH TTC à l’année, sans frais de création, avec domaine, hébergement, maintenance et un article de blog par mois.
Chez Bzaf Studio, en 5 jours ouvrés à partir du brief complet : la liste de vos services, vos photos et vos coordonnées. Vous validez chaque page avant la mise en ligne. La fiche Google peut être créée en parallèle.